Marcher pour trouver sa vie

par | Communauté, Itinérance active

Cet article est une relecture des étapes clés de l’histoire d’Anne Finot qui l’ont amenée à mettre au point avec Philippe Castan l’itinérance active. Celle-ci est  une pratique d’accompagnement intégrant l’itinérance en marche, à destination des professionnels.
Elle vise l’excellence en matière de posture de management, la joie est son moteur.
Podcast itinérance active #1 : https://joie-au-travail.org/podcasts/

Etape 1 : Emergence du sens de la vie

« J’ai 7 ans et suis à mon premier cours de catéchisme. C’est la première fois que j’entends parler de la création, de l’origine de la vie, du sens de l’existence. Michèle, Notre professeur  en parle  avec intensité, enthousiasme. J’écoute avec attention. En fait, je suis tout touchée. Michèle semble croire à ce qu’elle nous partage. Je me sens en confiance.

A la fin de ce premier cours, je vais la voir et lui partage la multitude de questions que je porte en moi : pourquoi suis qui je suis ? Pourquoi la souffrance, la mort, l’injustice ? À quoi je sers ? Quel est le sens de cette vie, de ma vie ? Michèle m’écoute, étonnée et me dit que mes questions ne sont pas celles d’une enfant de mon âge. Et bien si, puisque je les pose penserai-je ….

« Tes questions sont trop profondes »  me fera comprendre ma mère. Personne ne sait y répondre. Elle me dit que l’important et de vivre l’instant présent, qu’en aimant, je trouverai du sens à ma vie.
Si les Evangiles me vont droit au coeur, je ressens le décalage entre mes aspirations et la réalité des relations dans la cour de l’école, et la superficialité du monde des adultes.

La sortie de l’enfance est douloureuse. Chaque année passant, l’écart se creuse entre entre les centres d’intérêt de mes amis et ma quête de sens que je ne peux pas partager. Je me sens seule et décalée. Il en arriva à un tel point, qu’à la rentrée de 4ième, je prends conscience  que mes parents ne pourront  pas répondre à mes questions, que mes amis semblent être heureux de leur existence sans questions. Aussi me mets-je à observer comment être heureux. Je repère  les clés du bonheur, les clés de la réussite dans la vie : il faut être beau, belle, mince pour une femme, avoir un métier interessant et étouffer sa sensibilité.

Ainsi,  je décide et choisis de prendre ce chemin avec minutie et méthode.

Etape 2 : Construire l’idéal de ma vie

Ce choix me coupera  en fait doucement des autres et ne fera qu’accroître mes angoisses existentielles. A tel point, que mes parents me voyant perdre ma joie de vivre, me voyant maigrir, s’inquiètent et j’arrête le collège. Pendant le dernier trimestre de ma troisième, je resterais  à la maison et pratiquerais  des activités manuelles qui calment mes angoisses.
Ma mère m’emmène chez une gentille psychologue qui essaye de mieux qu’elle peut en  me faisant parler de mon mal-être, de ma relation avec ma mère, mon père. Rien n’y fait. Mes angoisses existentielles ne sont pas à propos, le sens de ma vie que je cherche n’a pas sa place.  C’est la période la plus terrible de ma vie et je pense mettre fin à mes jours. Mes parents m’envoient alors chez mon parrain en vacances. Celui-ci avec sa femme, ses enfants et des amis ont pour habitude de partir en randonnée itinérante pendant une dizaine de jours.
C’est ma première vraie expérience de marche qui sera fondatrice. Sur le chemin, je retrouve la joie  de vivre, la joie de sentir mon corps vivant,  je ris, je mange, je partage avec des adolescents de mon âge. Je fête mes 15 ans entourée, choyése par mes cousins et amis dans un refuge de haute montagne.
Cette expérience me permet de reprendre la route du lycée, la route d’une vie « rangée ».  J’oublie mes questions existentielles, je passe mon bac, je rentre en prépa, je tombe amoureuse, je deviens ingénieur, je me marie, je fonde une famille, je réalise le rêve de ma projection d’une vie réussie.

Néanmoins, après chaque naissance, mes angoisses existentielles ré-émergent et je saurai bien vite les  étouffer par le rythme d’une vie effrénée d’une maman, épouse et professionnelle. Mais l’iceberg du sens de ma vie ne fera que se consolider. Je le gèrerai à nouveau en changeant de métier, en devenant coach. Par l’écoute, le questionnement, en étant avec eux légèrement en retrait, je découvre que mes clients trouvent leurs chemins. Cela me donne de la joie et du sens à ma vie au delà de mon rôle de mère et d’épouse. En fait, la faille profonde du sens en moi continue de  se creuser.

Les angoisses resurgissent toujours et toujours : je cherche le sens de ma vie que je ne trouve désespérément pas. Et cette fissure dans mon idéal – cette angoisse existentielle ou quête de sens –  fera s’écrouler la vie  que je m’étais construite. Un long processus de divorce commence. douloureux.

Mon idéal s’écroule. J’ai 43 ans.

Etape 3 : Lâcher prise, marcher pour trouver sa vie un pas après l’autre

Une amie  me propose de partir faire un bout du chemin de saint jacques de Compostelle. Deuxième expérience de marche en itinérance. Deuxième fois que je retrouve la vie, ma vie.
Je marche, je marche et  je marche. En marchant, mon corps est paisible, mon coeur se nettoie, mon esprit se calme. Pendant cette semaine, nous rions, nous accueillons le présent, l’imprévu. La vie se réinstalle en moi. Et là je comprends qu’il ne faut plus que j’arrête de marcher. En marchant, mon corps, mon coeur et mon esprit s’alignent, la joie d’être vivante est physiquement présente. Ainsi je trouve mon chemin un pas après l’autre.
Je n’arrêterai donc plus de marcher. Chaque année, je partirai me retrouver sur des chemins de randonnée.

Puis, de rencontre en rencontre,  je m’autoriserai peu à peu à partager les effets bénéfiques de la marche dans mes accompagnements.
Marcher permet de trouver son chemin seul ou à plusieurs.
Marcher met en travail toute notre intelligence physique émotionnelle et cérébrale; Les idées sont décuplées, le corps s’invite au travail et incarne le sens de son existence. Les mots ne sont plus utiles quand je suis pleinement dans ma vie.
Travailler en marchant mets en joie et élabore de nouveaux chemins alignés avec la réalité de ce que nous sommes et de notre environnement. »

Anne Finot

Pour aller plus loin :
Avec Philippe, nous vous proposons de venir expérimenter sur les chemins comment développer charisme, excellence de votre chemin de vie professionnelle et personnelle :
https://joie-au-travail.org/joie-travail-marchant/

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