« Eh Gregor, tu viens, on part en balade … »

par | Itinérance active, Joie au Travail

« L’intelligence n’est pas affaire de diplômes. Elle peut aller avec mais ce n’est pas son élément premier.
L’intelligence est la force, solitaire, d’extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi –
vers l’autre là-bas, comme nous égaré dans le noir. »
Christian Bobin, L’inespérée

Voici le témoignage de Corine Versini, consultante en formation, dirigeante du cabinet I3L spécialisée dans le référencement qualité des organismes qui a expérimenté pour la première fois l’utilisation de la marche pour travailler et se former. Née de longs cheminements personnels, Itinérance active® est une pratique d’accompagnement / formation conçue par Anne Finot et Philippe Castan intégrant l’itinérance en marche, à destination des professionnels.
Elle vise l’excellence en matière de posture et de management, par l’émergence de l’intelligence du corps, du coeur et du mental par sa mise en mouvement simultanée. La joie en est le moteur. 

« Eh Gregor, tu viens, on part en balade ….

Je vous partage quelques réflexions après cette immersion d’itinérance active® le 5 juin, suivie d’une 2ème expérience quelques jours après, dans un format plus court (1h30), avec autant de plaisir. 

Les préparatifs : la douceur

On choisit ses chaussures, on vérifie son équipement et on prend soin d’effectuer un petit échauffement, comme pour vérifier aussi l’équipement « interne » tout en douceur.
Ce moment résonne un peu comme un temps qui va suivre en douceur. Ou comme disent si bien les profs de yoga, « quelques instants pour entrer dans la pratique ». Se former là tout de suite parce que j’en ai besoin ne serait-ce pas « juste une illusion »… digitale ? Information ou explication reçue n’est pas connaissance…

Le briefing de départ est essentiel, ni trop court ni trop long, car certains ont 1000 questions, quand d’autres veulent que « ça commence » (Toute ressemblance avec la formation est loin d’être fortuite) : pour apprendre, « il faut que quelque chose commence » nous dit Catherine Kintzler.

Donc commençons !

La mise en mouvement : réveiller la joie du coprs

Munis de notre sac rempli de victuailles, et de consignes simples à travailler en binôme (le matin), le sentiment d’autonomie et de liberté est instantané. Même si on est « encadrés » (par la consigne), travailler en marchant donne un sentiment de liberté et d’autonomie pour interpréter la consigne, contribuer, au rythme du binôme qui se forme, comme une rencontre.
Les binômes se croisent, se doublent, se mélangent. Pourtant, dans cet apparent « chaos », on part et on arrive ensemble, aux haltes intermédiaires puis à bon port : peu à peu un nouveau personnage rejoint le groupe, c’est Gregor  (egrégor*) :), que je découvre ce jour-là et qui gagne à être connu.
Si une décision doit être prise, nous nous avançons les uns vers les autres pour en parler : ce n’est pas seulement le « problème du formateur », car, peut-être nous sommes tous debout et « en action »?

L’échange dans le binôme est facile, spontané.  « Embarquée » par la marche et la discussion qui ne font qu’un, je trouve plus facile d’être attentive à l’autre alors que pourtant on ne se regarde pas toujours. La tentation du smart phone ou de la pensée, qui parfois s’évade d’une salle, disparaît : plaisir d’être tout à son échange, vraiment à l’écoute ; même si des moments de silence surgissent, la marche nous aide à rebondir, prolonger, revenir en arrière dans la discussion.

Comme dans la vie ou dans une formation, il y a toujours de l’imprévu, fécond. Le 5 juin, ce seront de splendides panoramas au détour du sentier, le garde du parc qui surgit et nous instruit de sa science du terrain, mais aussi le prunier si beau chargé de fruits jaunes et rouges, ou même la mer, dont on savait bien qu’elle était là, mais que nous prenons le temps de contempler, respirer : autant de belles « surprises ». D’être en mouvement offre peut-être davantage de moments pour s’échapper chacun à sa façon mais en lien avec nos intérêts propres (comme prendre une photo par exemple ou mieux regarder le paysage), sans qu’on soit gêné de se détourner un instant.

 Chaque halte est en même temps un temps de partage. Tandis que pendant une formation, chacun court vers sa messagerie à chaque pause, là, le temps se distribue autrement entre temps d’évasion et temps de travail.

 L’incorporation est facile, joyeuse

On vit quelque chose, chacun et ensemble, qui s’incorpore en nous, au rythme de la marche, car la mémoire se loge partout dans notre corps, provoquant le sentiment de vivre (au moins) 2 fois plus que dans n’importe quelle formation, car on met de soi dans ces 2 dimensions (travailler et marcher). Les idées, que pourtant nous n’avons pas ou peu notées, se retrouvent en « refaisant le chemin ». La qualité des relations avec chacun semble aussi bien plus forte.

Arriver tous ensemble au but fixé, parcourir les étapes prévues est incarné, vécu, matérialisé. Quand je chemine avec mon « compagnon » ou ma « compagne » de route, je ne suis que dans cet échange, pas en train de « prendre la parole » devant un groupe : trouver des idées qu’on n’avait pas à l’arrêt ; dans la nature, devant plus beau et plus grand, reprendre espoir, confiance ; inspirer, expirer, exister.

Le verbe progresser prend son double sens, là, sous nos pas. 

Le cadre de la marche est loin d’être seulement un décor, il invite à l’action : manger les prunes jaunes et rouges, bien juteuses ; sentir le sable ou la mer sous nos pieds. Nous en sommes un élément concret, parmi d’autres, invités à respecter plantes et animaux.

Apprendre : se mettre en danger

Apprendre c’est se mettre en danger, accepter d’être vulnérable (en déséquilibre), se lancer, puis reposer son pied un peu plus loin, pour voir un peu au-delà et avoir envie de poursuivre, maintenant ou plus tard.

Partager ce mouvement, ce processus, en mouvement et accompagné au 1er sens du terme, facilite grandement l’engagement. J’ai moins été « participante » que compagne d’atelier. 
A l’arrivée je suis étonnée d’avoir autant travaillé, tout une journée, en marchant.
Les mêmes ateliers auraient sûrement très bien rythmé une journée en salle, mais sans le « je ne sais quoi » qui a donné à cette journée un goût particulier, de ceux qui ne s’oublient pas et amènent sourire et enthousiasme quand on les évoque »

Corine Versini, formatrice, Animatrice Apm

 Le cabinet Art Expertises vous propose la pratique de la marche – l’itinérance active® – pour du coaching d’équipe et des formations suivantes : charisme & excellence, se gérer dans le temps, développer ses talents.

www.art-expertise.fr

(*) l’ égrégore est un concept désignant un esprit de groupe constitué par l’agrégation des intentions, des énergies et des désirs de plusieurs individus unis dans un but bien défini.

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